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Les fondateurs

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Peut-être le jour viendra t-il où le reste du règne animal retrouvera ces droits qui n'auraient jamais pu lui être enlevés autrement que par la tyrannie. Les Français ont déjà réalisé que la peau foncée n'est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d'un persécuteur. Peut-être finira t-on un jour par s'apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l'extrémité de l'os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d'abandonner une créature sensible au même sort. Quoi d'autre devrait tracer la ligne de démarcation ? Serait-ce la faculté de raisonner, ou peut-être la faculté du langage ? Mais un cheval parvenu à maturité ou un chien est, par-delà toute comparaison, un animal plus sociable et plus raisonnable qu'un nouveau-né âgé d'un jour, d'une semaine ou même d'un mois! Mais supposons qu'ils soient autrement, à quoi cela nous servirait-il ? La question n'est pas: peuvent-ils raisonner ? Ni: peuvent-ils parler ? Mais bien: peuvent-ils souffrir?"

Cette citation de Jeremy Bentham, qui représente l'une des pensées fondatrices de la philosophie utilitariste, illustre bien notre vision des choses et la raison de notre combat.

 

Jeune macaque victime du trafic

 

L’Homme est devenu bourreau . Son action n'est pas celle d’un prédateur naturel qui régule l'écosystème mais, au contraire, une destruction totale et irraisonnée de la nature et de ses créatures, au seul nom éphémère du profit.

Sensibles, depuis très longtemps, au devenir et à la souffrance animale, nous avons choisi de mettre un terme à des études littéraires afin d'être acteurs sur le terrain face aux nombreux problèmes que rencontre cette cause.

Plus que motivés et ayant pleinement conscience de la difficulté et des limites de notre action, nous sommes toutefois prêts à lutter de toutes nos forces et à y consacrer nos vies, dans le sens propre de l’expression et en connaissance de ce que cela peut entraîner.

C’est un but né d’une vocation ancrée en nous de manière inaliénable.

Nous avons d’abord été les témoins impuissants de l’immense massacre des espèces animales. Massacre tant psychologique que physique. Spectateurs, au même titre, de l’indifférence de beaucoup face à des souffrances qui ne sont certes pas exprimées par la parole, si chère à l'Homme, mais dont les hurlements résonnent à chaque instant dans nos têtes.

Femelle agilis dans un sanctuaire

Cette place n’était pas la nôtre assurément. Nous sommes ainsi entrés dans le monde de la protection animale par le biais d’un emploi en refuge après l’abandon de nos études.

L’épanouissement que nous avons alors ressenti à œuvrer pour le bien-être de ces orphelins a été une révélation qui a bouleversé nos vies. Certes, notre action était dérisoire vis-à-vis de l'ampleur de la détresse déversée par des «  Hommes bien pensants » dans les refuges, mais bien que cela ait été une nouvelle épreuve à surmonter au début :  « nous ne pouvons soulager toutes les misères du monde », nous avons pris le recul nécessaire pour admettre que notre action future, qu’importait la forme qu’elle prît, ne serait jamais qu’une goutte d’eau dans l'océan.

Mais cette goutte, à elle seule, justifie la mobilisation de toute notre énergie et de notre volonté pleine et entière.

Autre jeune macaque captif dans les Garo Hills

Mot du Président

"A l'heure où les diverses organisations gouvernementales et non-gouvernementales, commencent enfin à tirer la sonnette d'alarme sur l'état général de notre planète, je reste globalement dubitatif quant au réel impact que cela représente auprès des populations des Grands Singes, qui restent décimées et victimes de ce qui ressemble à s'y méprendre à un génocide orchestré sous l'oeil bienvaillant des grandes firmes internationales.

Qu'elles soient spécialisées dans l'extraction de différents minerais, comme le coltan, ou le pétrole, ou dans la culture de l'huile de palme, elles représentent aujourd'hui une menace d'extinction des espèces et notamment du Gibbon en Asie du sud-est.

Et la conservation, même si les organismes internationaux, tel le GRASP, qui s'est réuni pour la première fois le 7 septembre 2005 à Kinshasa; commencent à organiser un combat cohérent, même si des ONG tel Kalaweit en Indonésie réalisent un travail remarquable; manque dans certaines régions et notamment auprès du Gibbon, cruellement de moyens et reste largement la source de lacunes.

C'est pourquoi la SVAA a été créée le 18 avril 2006.

Elle est le constat d'un héritage dont nous nous serions volontiers passé, mais elle est également comme d'autres ONG, un espoir pour les populations du Gibbon et pour leur habitat.

En un mot, un espoir pour la préservation et le respect de la vie et de la biodiversité."

Avant que les forêts ne soient devenues des déserts sans vie...

Crédits photo: SVAA, tous droits réservés