Rapport de mission
Huro Programme
Silsotchigre Wildlife Rescue Center
8 mars 2009/14 mai 2009

 

Introduction

Ces deux derniers mois auront été marqués en particulier par le début concret des actions in situ notamment des opérations de recueil. Ainsi, cinq nouveaux pensionnaires ont put recevoir soins, nourriture, amour et refuge au sein du Programme et de nos structures d’accueil. En outre, l’organisation de ces dernières et de l’équipe a également été planifiée afin de proposer aux individus des conditions d’accommodations optimales .Pour finir, les opérations de soutien à la population et à l’éducation locales se sont également poursuivies permettant, entre autre, récemment à trois enfants atteints du paludisme de bénéficier de soins et de médicaments.

I. Opérations de recueil : Développement.
 

  • Recueil de Long-Night (Rhésus Macaque, Mâle juvénile)

Recueilli le 13 Mars 2009, lors d’un repérage de notre équipe dans la région de Babadam (Garo hills de l’ouest, Meghalaya), Long-Night est resté durant plus de trois ans à l’attache, nourrit exclusivement de riz … Arrivé au centre dans un état de malnutrition avancé, présentant une carence en protéine grave ayant cause une dépilation partielle et une infection protérozoïque, il est aujourd’hui en bonne santé et retrouve jour après jour une apparence meilleure.

2. Recueil de Dawn. (Gibbon Hoolock de l’ouest, Mâle juvénile)   

Recueilli le 28 mars 2009 dans une plantation de palmier à noix de bétel en plein centre ville de Tura, Dawn s’est échappé de la cage dans laquelle il était détenu depuis plusieurs semaines. Le premier Gibbon Hoolock reçu au programme est arrivé au centre choqué, mais dans un état de santé convenable ne présentant qu’une malnutrition modérée. Il est aujourd’hui en pleine santé et attend patiemment son transfert en volière de réhabilitation.

  • Recueil d’Espoir. (Gibbon Hoolock de l’ouest, Mâle adulte)

 

Recueilli le 07 Avril 2009 dans le village de Dobu ringri gittim (Garo Hills de l’est) lors du repérage de notre équipe dans la zone même où le détenteur de Dawn avait dit l’avoir acheté pour un montant de 2500 IRPS ( environ 45 Euros). Adulte, Espoir a été capturé par les villageois à l’aide d’un lance pierre. Il est arrivé au centre dans un état critique, présentant notamment une infection sévère au niveau de la partie droite du visage dut à l’impact du projectile. Cependant grâce à une captivité courte (il ne s’est pas écoulé plus de trois jours avant notre intervention) et des soins intenses, Espoir a petit à petit retrouvé des forces et un visage normal… Encore sauvage et déjà adulte il a été transféré le 13 avril en volière de réhabilitation où à six mètres de haut il a retrouvé un semblant de liberté et une nouvelle joie de vivre, répondant même aux chants de ses congénères sauvages.

  • Recueil d’ Emeraude (Emy, Gibbon Hoolock de l’ouest, nouveau-né femelle)

 

Spontanément déposée aux autorités du Département des Forêts de William Nagar (Garo Hills de l’est) après sa capture, à la suite de l’assassinat de sa mère, Emy à été recueillie par notre équipe au soir du 13 avril 2009. Arrivée au centre dans un état de santé critique, présentant une déshydratation et une hypoglycémie sévères ayant causé une hypothermie, ainsi que ce qu’il semblait être une paralysie des membres inférieurs, ne pouvant se mouvoir et n’éprouvant aucune sensation, elle a reçu des soins intenses et une attention permanente de notre part. Aujourd’hui elle a retrouvé l’usage de ses membres et éprouve à nouveau des sensations même si sa jambe gauche reste encore très faible. Devenue sans aucun doute la mascotte du centre, Emy bénéficie aujourd’hui d’une personne en exclusivité et en permanence avec elle (sur le modèle des mamans de substitution de LOLA YA) lui prodiguant les soins et l’amour dont elle a tant besoin.

  • Recueil de Saphir (Macaque d’Assam, nouveau-né femelle).

 

Recueilli le 1 er mai 2009 à la suite d’un repérage de notre équipe dans la zone d’Edenbari, Saphir est restée plusieurs semaines à l’attache, à la suite de sa capture. Arrivée au centre dans une condition relativement bonne due à sa courte détention, elle a vite retrouvé toute sa vitalité et a rejoint Golum et Bilbo à la suite d’une radio des poumons et des tests hépatites négatifs.

Ainsi, aujourd’hui, le centre compte sept pensionnaires incluant trois Gibbons Hoolock, 1 Macaque Rhésus, 1 Macaque crabier et deux Macaques d’Assam.

II Organisation de l’équipe et des structures d’accueil : Développement.

  • Organisation de l’équipe du Programme Huro.

 

L’équipe de terrain a plusieurs vocations. Tout d’abord, celle d’être efficace en matière de recueil et de saisie, chose qui, le plus souvent, est loin d’être évidente notamment lorsque nous avons à faire à des individus adultes détenus par des personnes réfractaires à leur sauvetage. Ces opérations demandent une adaptation permanente ainsi que du tact, autant en ce qui concerne la gestion des détenteurs, que des individus, cela en sachant que, le plus souvent, comme ce fût le cas pour trois de nos cinq derniers recueils, nous ne bénéficions pas de l’appui de terrain des représentants du Département des Forêts… En matière de management des individus post recueil notre équipe se devait également d’être à même de :

    • Apporter les soins nécessaires.
    • Elaborer un suivi alimentaire, médical et comportemental.
    • Apporter une accommodation la plus proche des besoins naturels des individus.
    • Gérer le stress des individus notamment des nouveaux-nés.
    • Comprendre la mission qui est la nôtre ainsi que le fait que chaque individu reçu au programme est précieux et est accueilli au centre dans l’objectif de recouvrir la liberté.
    • Gérer les zoonoses.

   
Aujourd’hui composée d’un manager, de trois soigneurs et temporairement de deux vétérinaires locaux encadrés par le Directeur du Programme, cette équipe a prouvé qu’elle avait intégré les notions essentielles à l’accomplissement de sa mission tout en restant consciente des améliorations nécessaires.

  • Organisation des structures d’accueil.

 

Composé d’une clinique comprenant la partie quarantaine à Tura et d’une station comprenant la partie réhabilitation à Silsotchigre (réserve et biosphère de Nokrek) nos structures sont organisées de la manière suivante :

                        2.1 Clinique :
Partagée en deux pièces (bureau et salle de soins) notre clinique a pour vocation l’apport de soins et le suivi médical et comportemental de nos pensionnaires et est équipée du matériel de base (frigidaire, stérilisateurs, matériel médical et de chirurgie, médicaments, tables de travail, table de soins, bureau et ordinateur, cage de convalescence…) nécessaire à leur réalisation. 
                       
                        2.2 Complexe de quarantaine.
Créé en vue de limiter les transmissions de zoonoses et afin de pouvoir assurer des soins et un suivi médical et alimentaire quotidien à nos pensionnaires il est actuellement composé de deux cages et d’une pièce de quarantaine, chacune équipée d’un système de ventilation et d’évacuation indépendant. De plus, entre chaque accommodation et à chaque entrée du complexe des pédiluves sont utilisés. Ajoutons que chacune de ces accommodations sont désinfectées intégralement deux fois par jour.  

                        2.3 Station et volières de réhabilitation.
Installée sur les terres du village de Silsotchigre au sein de la réserve de biodiversité du Parc National de Nokrek, le complexe de réhabilitation du Programme accueille actuellement un Gibbon Hoolock adulte mâle en processus de réhabilitation (Espoir). Conçu afin de limiter les contacts Hommes/Animaux et proposer un environnement proche du naturel aux individus, nous n’autorisons en aucun cas les visiteurs sur le site, étrangers au Programme ou aux autorités. Ajoutons que la station est proche d’un territoire de Gibbons sauvages, ceci permettant ainsi à nos pensionnaires des contacts vocaux (Espoir ayant déjà délimité sa volière par des chants répondant ainsi à ses congénères sauvages). 

III Soutien à la population et à l’éducation locales.

Notre Programme est situé aux confins du nord-est de l’Inde dans une région que les Indiens eux-même s’accordent à qualifier de reculée. Ainsi, chaque attention de notre part envers les locaux revêt une importance toute particulière dont nous avons pleinement conscience.
Malgré les tourments que semble représenter les envois entre la France et l’Inde nous espérons rapidement être en mesure de recevoir plus de quatre cent kilos de vêtements d’ors et déjà collecté par le parc animalier LE PAL et qui seront distribués par notre équipe au sein des zones le nécessitant, notamment à Silsotchigre et dans la zone de la réserve de biosphère de Nokrek. De plus, nous sommes toujours dans l’espoir de reprendre l’école privée du village de Silsotchigre afin qu’elle devienne la première de la région d’une part, gratuite, d’autre part, incluant une éducation à la conservation de la biodiversité locale. Tout est prêt, incluant le mémorandum cependant dû à une indisponibilité financière, la date originellement prévue le 1er mai a du être repoussée ultérieurement. Pour finir, les épidémies de paludisme venant avec les premières pluies de mousson ont commencées à faire leurs apparitions. Le Programme a financé à trois enfants du village de Silsotchigre respectivement âgés de  2, 3 et 12 ans le transport, les soins et les médicaments nécessaires et ont aujourd’hui retrouvé la santé.

Conclusion :

 

Si le programme Huro a bien progressé ces derniers temps, enregistrant des résultats plutôt positifs, nous faisons face cependant à une situation bien triste en l’objet du trafic de vie sauvage toujours plus présent… Nous devons répondre à une demande de recueil en constante augmentation, nous obligeant a élargir nos équipes et nos capacités d’accueil, ceci nous montrant le travail qu’il reste encore à accomplir en matière de conservation avant d’espèrer diminuer les menaces pesant sur la vie sauvage. J’en appelle ainsi personnellement  aux personnes et aux différentes institutions. Nous avons besoin de personnes pour relayer nos actions de terrain en France et à l’étranger… Nous avons besoin de bonnes volontés pour nous rejoindre ici et se battre à nos cotés… Enfin nous avons besoin de matériel médical, médicaments, vêtements, matériel scolaire et de soutiens financiers quels qu’ils soient. Chacun, avec vos possibilités, pouvez contribuer à l’avancement du Programme et à la réalisation de ses actions.

 

Le Président de la SVAA etDirecteur du Programme Huro.

 

   

 

 

 

     

 

  

 

 

 

 

 

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